Poison au Moulin rouge

Publié le par DEBOOSERE Isabelle

Bonjour ! Ce texte a été écrit dans le cadre d'un concours, 48 h pour écrire avec Edilivre qui a eu lieu du 19/02/2021 à 20 h au 21/02/2021 à 20 h  (https://www.edilivre.com/). Je le partage avec vous. J'espère que ça vous plaira.

 

https://pixabay.com/fr/photos/rouge-moulin-paris-moulin-rouge-392147/

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La particularité de cette enquête tenait en ce simple constat : Carla, célèbre meneuse de revues des années 20, est retrouvé morte dans sa loge au moulin rouge. Aucune trace d’effraction, mais la certitude qu’un meurtre avait bien été commis au sein du célèbre cabaret. Moi, le commissaire Pierre Variant en avait l’intime conviction. C’est un des danseurs du cabaret, Monsieur Vincent Color qui avait découvert le corps inanimé de cette pauvre femme. Je ne vous dis pas dans quel état émotionnel j’ai retrouvé se pauvre bougre. Dès que j’ai eu vent de l’affaire, j’ai tout de suite ordonné que personne ne sorte du moulin rouge. Avec un peu de chance, le meurtrier est toujours ici, entre ses murs. Si c’est le cas, je le retrouverai. Je fais confiance à mon flair et à mon instinct, ainsi qu’a ma lieutenante Jeanne Moulin. Pour le moment, j’observais ce corps étendu sur le sol sans vie.

Commissaire Variant : - Que s’est-il passé ici ? Si les victimes pouvaient parler, les réponses seraient plus faciles.

Lieutenante Moulin : - Commissaire, j’ai parlé avec Monsieur Color sur la découverte du corps.

Commissaire Variant : - Et ? Qu’a-t-il dit ?

Lieutenante Moulin : - Vu qu’il n’arrêtait pas de pleurer, ça a été un peu compliqué. Mais de ce que j’ai compris, la porte était verrouillée. Il a dû enfoncer celle-ci pour entrer.

Commissaire Variant : - Pourquoi faire ça ?

Lieutenante Moulin : - Apparemment, elle ne répondait pas à ses appels. Je n’ai pas réussi à lui en faire dire plus.

Commissaire Variant : - Je vois. On va le laisser un peu reprendre ses esprits. Je l’interrogerais plus tard. Personne ne peut sortir d’ici, n’est-ce pas ?

Lieutenante Moulin : - Non, Commissaire ! Toutes les issus sont bloqué !

Commissaire Variant : - Bien ! C’est parfait.

Lieutenante Moulin : - Que pensez-vous qu’il lui soit arrivé ?

Commissaire Variant : - Au vu du corps, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un empoisonnement. Je pencherais pour de l’arsenic. Les vomissements, la forte salivation m’y font penser.

Lieutenante Moulin : - Il y a deux coupes de champagne. Vous pensez que le poison a pu être mis dedans ?

Commissaire Variant : - C’est possible. On va faire analyser tout ça. On verra si j’ai raison. Quant à vous, aller interroger les clients !

Lieutenante Moulin : - Bien Commissaire !

C’est à ce moment-là que notre légiste Madame Madeleine Estrange arriva.

Madeleine Estrange : - Ça me semble être un empoisonnement ! Cela fait aucun doute.

Commissaire Variant : - Quel serait le poison ?

Madeleine Estrange : - Je suis presque sûr qu’il s’agit d’arsenic. Je vais quand même vérifier, mais je pense bien que c’est ça.

Commissaire Variant : - Ça peut être un suicide ?

Madeleine Estrange : - Je ne pense pas non. L’arsenic est un poison douloureux. Non, ça, c’est un meurtre. Il va falloir que je fasse quelque analyse pour vous en dire plus.

Commissaire Variant : - D’accord, merci beaucoup.

J’observé la pièce en silence pour laisser la légiste travailler correctement. Hormis le désordre au niveau du corps, tout le reste semblé être en ordre. J’ai tout de suite pensé qu’elle devait être au niveau de sa commode lorsqu’elle est morte est qu’elle a du tout emporter avec elle lors de sa chute. Il y avait aussi des fleurs magnifique sûrement apporté par la personne qui a partagé se verre de champagne avec la victime vu le mot qui accompagné celle-ci « Hâte de te revoir autour d’un verre de champagne ». Mais une question me turlupiner. Pourquoi cette porte verrouillée ? Était-ce dans les habitudes de la victime de s’enfermer comme ça ? Le seul moyen pour avoir les réponses à mes questions était d’aller interroger les personnes qui la côtoyer au quotidien au moulin. Je commençais par celui qui avait découvert le corps, Monsieur Vincent Color. Il avait auprès de lui des danseuses qui essayé de lui remonter le morale.

Commissaire Variant : - Monsieur Color, je comprends que cela soit difficile, mais vous devez vous reprendre ! J’ai des questions à vous poser sur la mort de la meneuse de revue Carla ! Que pouvez-vous me dire sur elle ?

Vincent Color : - C’était une femme lumineuse ! Les clients l’adoraient ! Quelqu’un d’irremplaçable. Je ne comprends pas pourquoi elle a fait ça !

Commissaire Variant : - Fait quoi Monsieur Color ?

Vincent Color : - Pourquoi, elle a mis fin à ses jours ! Cette fille était la joie de vivre ! Elle avait toujours le sourire ! Elle semblait tellement heureuse en ce moment !

Commissaire Variant s’adressant aux autres danseuses : - Et vous mesdames, rien à dire sur Carla ?

Rose Dupuis : - Non, juste surprise du geste. Elle semblé si épanouie ! Elle était tellement belle et pleine de grâce dans le spectacle. Si vous aviez vu ça commissaire ! Elle faisait rêver !

Louise Charbon : - Non, rien de spécial ! C’est juste qu’elle avait un peu la grosse tête parfois.

Commissaire Variant : - Que voulez-vous dire par là ?

Louise Charbon : - Ben, elle se la pété quoi ! Elle était la meneuse de revue recevant une tonne de cadeaux ! Elle n’arrêtait pas de se vanter de ça ! Cela pouvait fortement énerver à la longue !

Commissaire Variant : - Tant de succès que ça ? Je n’ai pourtant vu qu’un bouquet de fleurs dans la loge.

Rose Dupuis : - Oui, c’est normal. Les fleurs sont stockées dans une autre pièce du moulin. Elle avait horreur que sa loge ne soit trop encombrée.

Commissaire Variant : - De qui venait alors le bouquet présent dans la loge ?

Rose Dupuis : - Sans doute de Madame Deloge. Une bourgeoise en adoration devant Carla. Je trouvais cela parfois effrayant pour ma part. Elle venait à toutes les représentations de Carla. Elle venait toujours dans la loge de Carla juste avant la représentation pour boire un verre de champagne avec elle.

Commissaire Variant : - D’accord, je vois. Des jalousies entre vous ?

Louise Charbon : - Comme partout, je suppose ! C’est quoi toutes ses questions ? C’est bien un suicide non ?

Commissaire Variant : - Non, c’est un meurtre au poison ! À l’arsenic plus précisément ! Vous lui connaissiez des ennemies ?

Tous, sous le choc, firent non de la tête. Je soupirais, cela n’allait pas vite avancer.

Commissaire Variant : - Monsieur Color, comment avez-vous découvert le corps ?

Vincent Color : - C’était au moment de l’entracte. Le spectacle est en deux parties, vous voyez ? La deuxième partie allée bientôt commencer et c’était le moment ou Carla devait remonter sur scène. Mais elle n’est pas venue. Je suis, alors, allé dans sa loge pour la prévenir que le spectacle reprenait. Après tout, elle aurait pu ne pas voir le temps passé. Comme elle n’allait pas bien.

Commissaire Variant : - Que voulez-vous dire par là ?

Vincent Color : - Elle avait très mal au ventre et des nausées.

Commissaire Variant : - Je vois, continuez.

Vincent Color : - J’ai frappé à ça porte plusieurs fois, mais je n’ai pas eu de réponse. La porte était fermée, chose qu’elle ne fait jamais d’habitude. Je me suis inquiété pour elle, alors j’ai enfoncé la porte. C’est là que je l’ai trouvé ! J’ai pris son pouls. Mais il était trop tard.

Commissaire Variant : - Êtes-vous le seul homme qui soit danseur ici ?

Vincent Color : - Non, on est quatre. Mais les autres doivent être dans la salle avec d’autres danseuses et serveurs pour rassurer les clients.

Commissaire Variant : - Je vois. Merci.

Alors que je partais vers la salle pour poser d’autres questions aux autres membre du personnel, la danseuse Louise Charbon m’arrêta dans un couloir désert.

Louise Charbon : - Commissaire, je ne voulais pas en parler devant les autres, mais il y a quelques jours, j’ai entendu Carla et le grand patron se disputer.

Commissaire Variant : - Vous avez sur quel sujet ?

Louise Charbon : - Non, j’ai juste entendu que ça chauffé en passant devant la loge.

Commissaire Variant : - Pourquoi vous ne vouliez pas me le dire ?

Louise Charbon : - Parce qu’on va encore me dire que je suis une langue de vipère ou que je me mêle de ce qui ne me regarde pas !

À peine ses informations furent engrangées que la danseuse disparut de nouveau dans les couloirs du moulin. Je décidai d’aller voir le grand patron Francis Salabert.

Francis Salabert : - Cette fille se mêle de chose qui ne la regarde pas ! Ça va lui apporter des problèmes un jour !

Commissaire Variant : - Vous n’avez pas répondu à ma question !

Francis Salabert : - Oui, on s’est bien disputé avec Carla ! Louise a bien entendu !

Commissaire Variant : - Pour quelle raison cette dispute ?

Francis Salabert : - Elle voulait laisser tomber le moulin rouge pour cause de mariage !

Commissaire Variant : - Elle devait se marier !

Francis Salabert : - Oui, en effet. Je lui ai juste rappelé qu’elle était sous contrat. Qu’elle pouvait partir en fin d’année si elle voulait, mais pas avant, car ça nous mettait dans la merde.

Commissaire Variant : - Ça peut être un motif de meurtre !

Francis Salabert : - Je ne vois pas pourquoi ! Je suis en difficulté maintenant ! Un meurtre, ça ne donne pas une bonne image du moulin rouge. De plus, je serais plus dans la pulsion que dans le poison, comme étranglé ou poignarder.

Commissaire Variant : - Je vois ! Restez à disposition si j’ai d’autres questions !

Francis Salabert : - Je n’ai pas l’intention de bouger.

Je continuais l’interrogatoire des différentes personnes. Mais cela ne donna rien de plus. Je retrouvais alors la lieutenante Moulin.

Commissaire Variant : - Vous avez découvert quelque chose d’intéressant ?

Lieutenante Moulin : - Dans l’ensemble non, sauf avec Madame Deloge. Une femme très bavarde. Au vu de son comportement avec moi, je crois qu’elle aime bien les femmes.

Commissaire Variant : - Comment ça ?

Lieutenante Moulin : - Elle n’a pas arrêté de me draguer. Bref, Carla aimait beaucoup parler de sa vie avec Madame Deloge. Elle ne l’aimait pas, mais voyait en elle une véritable amie. Elle lui confier tout ! Je sais, du coup, que notre victime, Carla, devait se marier avec un riche Américain. Madame Deloge était triste de cette nouvelle. Mais apparemment, l’une des danseuses l’était encore plus. Carla semble avoir brisé le cœur d’une danseuse.

Commissaire Variant : - Déception amoureuse ? Oui, c’est un bon mobile ! Elle a dit qui ?

Lieutenante Moulin : - Oui.

En me disant le nom, j’ordonnai aux agents d’aller fouiller les affaires de la dite suspecte.

Rose Dupuis : - Pourquoi vous fouillez dans mes affaires ? Vous n’avez pas le droit !

Commissaire Variant : - Il y a eu un meurtre, alors j’en prends le droit.

Un agent : - Commissaire ! Regardez ce que j’ai trouvé.

Commissaire Variant : - Tient donc, une bouteille d’arsenic. Le poison utilisé pour tuer Carla ! Pourquoi est-ce dans vos affaires ?

Rose Dupuis : - Ce… Ce n’est pas à moi !

Commissaire Variant : - Vraiment ! Ça sera facile de le vérifier avec les empreintes !

Rose Dupuis se sentant prise au piège : - C’est bon, vous avez gagné ! C’est bien moi qui l’ai tué.

Commissaire Variant : - Je vous écoute.

Rose Dupuis : - Je suis tombé folle amoureuse de Carla. Je croyais que s’était réciproque. On n’embrasse pas et on ne couche pas avec quelqu’un si on ne l’aime pas. Je me trompe ? Enfin, c’est ce que je croyais. Mais j’ai découvert qu’elle n’avait fait que jouer avec mes sentiments ! Elle aimait les hommes ! C’est équerrant ! Comment peut-on avoir une relation amoureuse avec un mal quand on aime les filles. Je me suis tellement sentie trahie en apprenant son futur mariage ! Pour moi, s’était impensable. Carla était à moi ! À moi seule ! Je sais Carla très gourmande. Je lui ai donc donné un gâteau au chocolat noisette, ses préférés, avec une dose importante d’arsenic deux heures avant de monter sur scène. Mais je voulais qu’elle souffre avant de mourir. Du coup, la dose mise mettrait du temps avant de tuer. J’ai calculé pour que la mort se face entre les deux partie. Je ne sais pas pour quelle raison. Je ne voulais pas qu’elle finisse le spectacle, par punition, je suppose. J’ai la clef de sa loge. Entre les deux partie, je suis allé me cacher dans sa loge. Je l’ai vu mourir en agonissant. C’était dure à voir. Mais je voulais être sûr qu’elle ne s’en sorte pas. Une fois morte, je suis sortie en fermant la porte à clef derrière moi. Vincent est arrivé peu de temps après pour découvrir le corps. Je ne regrette pas ce que j’ai fait.

Lieutenante Moulin : - Rose Dupuis, vous êtes en état d’arrestation pour le meurtre de Carla.

En une nuit, l’affaire fut bouclée. Ce meurtre n’eut pas de conséquence pour le moulin rouge qui attiré toujours plus de personne pour s’amuser. La joie, l’insouciance et les paillettes reprirent de plus bel ! Le champagne coulait de nouveau à flots. Le moulin rouge restait le moulin rouge, un lieu d’évasion.

Publié dans Histoire courte

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